FR
EN
Une roue Falcon, c'est monté comment ?

Comment

Une roue Falcon, c'est monté comment ?

Nombreux sont ceux ou celles qui aimeraient peut-être en savoir plus sur le travail nécessaire au montage de votre paire de roues en carbone Falcon et ce qui les distingue d’autres montages plutôt « industriels » qu’on peut retrouver chez certaines grandes marques.

Eh bien soyez rassurés, voici, en partenariat avec Techno-Cycle, un peu de lecture technique qui vous permettra de découvrir la qualité du travail réalisé pour le montage et la finition de votre paire de roues Falcon.

Tout d’abord, il faut savoir qu’il existe trois grosses étapes. Le temps de travail total est d’environ 4 à 6 heures pour une paire dépendamment du modèle choisi.

La première étape est l’assemblage de votre paire de roues en tant que tel où tous les composants (jantes, rayons, moyeux, têtes de rayons) sont assemblés comme il le faut.

La seconde étape est l’alignement et la mise sous tension de votre roue qui est en fait le cœur du travail. C’est ici que la plus grande précision est demandée.

La dernière étape est l’étape cosmétique où les décalques sont fabriqués et mis en place. C’est un travail long et fastidieux qui demande également une grande concentration.

La précision et le temps accordés à chacune de ces étapes feront la différence entre une paire de roues dite industrielle montée en moins d’une heure et votre paire artisanale.

Mais commençons par le début !  


OUTILS - De quoi a-t-on besoin ?

Voici une vue d’ensemble du matériel de base nécessaire à l’assemblage, à l’alignement et à la mise sous tension :

Une vue d'ensemble du matériel de base

Une vue d'ensemble du matériel de base

On retrouve tout d’abord les composants de la roue que sont les jantes en carbone, les rayons, les moyeux, et les têtes de rayons. Sur les trois gammes Falcon, deux types de têtes de rayons Sapim Secure Lock sont utilisées : les têtes externes (gamme Performance et MTB) et les têtes internes (gamme Racing).

Les deux types de têtes de rayons utilisées

Les deux types de têtes de rayons utilisées

Têtes externes avec rondelle métallique

Têtes externes avec rondelle métallique

Têtes internes

Têtes internes

Pour les têtes externes, il est toujours mieux d’ajouter une rondelle métallique afin de bénéficier d’une plus grande surface permettant de réduire la concentration de contraintes sur le fond interne de la jante en carbone. Les têtes externes étant inversées, la surface d’appui est déjà suffisante.

Viennent ensuite les outils d’assemblage :

Clés diverses

Clés diverses

Il existe plusieurs clés dépendamment du type de tête de rayon et de sa grosseur. L’outil extrêmement utile pour l’assemblage et faisant gagner un temps considérable reste celui-ci :

(Merci à Pierre de Techno Cycle pour cette découverte !)

(Merci à Pierre de Techno Cycle pour cette découverte !)

Il suffit de placer la tête de rayon sur le bout muni d’un ressort pour la tenir en place et à mesure que celle-ci se visse sur le rayon, la pression sur le ressort augmente jusqu’à ce que l’outil ne la relâche complètement.

 

 

D’autres outils plus communs comme un tournevis plat, une manivelle ou encore une clé allen permettant de plier les rayons arrières coudés peuvent également être utiles à l’assemblage.

 

 

Pour les étapes de précision que sont la mise sous tension et l’alignement, des outils un peu plus spécialisés sont nécessaires. Il est primordial d’utiliser un tensionneur pour obtenir une tension réelle pour chaque rayon.

Le populaire tensionneur TM-1 de Park Tool est compatible avec plusieurs types et tailles de rayons et offre une précision de mesure adéquate. Il est également possible d’utiliser des tensionneurs plus précis comme les tensionneurs DTSwiss ou Pillar, en revanche ceux-ci se vendent à prix fort !

Un centreur comme le Park Tool ci-dessous permettra aussi de s’assurer que la jante sera bien centrée par rapport à l’axe du moyeu.

_IGP6699!.jpg

Dans le cas où des rayons aéro plats comme les Sapim CX-Ray sont utilisés, un dernier outil est là pour simplifier la vie du monteur. Celui-ci permet de tenir le rayon en place et l’empêche de vriller lorsqu’il est nécessaire de visser ou dévisser la tête de rayon. 

Maintenant que tous les outils de base sont là, on peut commencer votre montage !


MONTAGE – précision et qualité !

Photo : wheelfanatyk.com

Photo : wheelfanatyk.com

La première chose à faire est de s’assurer de la bonne taille des rayons. En effet, un rayon trop court risquera de fracturer la tête de rayon si une trop grosse charge est appliquée sur celui-ci. Un rayon très légèrement plus long ne sera pas dérangeant, tant que ses fillets sont toujours en contact avec ceux de la tête de rayon et qu’il ne traverse pas le fond de jante. 

Pour mesurer les rayons, une règle spécifique peut-être utilisée.

_IGP6716!.jpg

Une fois les tailles de rayons validées, il est maintenant temps d’assembler vos roues. Il est recommandé de nettoyer, dégraisser puis huiler les fillets des rayons afin d’enlever tout résidu pouvant amener les têtes de rayons à griper pendant la mise sous tension.

On place ensuite la roue sur le l’aligneuse et là commence un travail long et fastidieux. La première chose à faire est de donner une tension initiale aux rayons afin d’avoir un minimum de stabilité pour commencer le travail.

Le travail suivant, le plus long mais le plus répétitif, demande une certaine logique et répétition tel un code informatique pouvant s’adapter à un montage en particulier. Les trois gros mots à retenir sont : alignement, saut et tension.

L'alignement commence !

L'alignement commence !

On aligne horizontalement votre roue afin que celle-ci tourne droit, puis on enlève ensuite le saut vertical qui fait en sorte que votre roue soit la plus ronde possible et non ovale. Sauf que, bien souvent, en ajustant le saut, l’alignement a tendance à changer, il faut donc le refaire. Le centrage de votre roue s’ajoute également à la liste des variables à maîtriser ! Une roue droite mais pas centrée viendra froter sur les patins de freins ou sur le cadre lui-même.

Vient ensuite la tension… Il est PRIMORDIAL que la tension soit égale dans tous les rayons de la roue afin que celle-ci soit la plus durable possible.

Une mauvaise répartition de la tension est bien souvent responsable d’une casse de rayon et c’est cette étape là qui est bien souvent mise de côté pour les montages industriels car jugée trop longue. Une façon simple de vérifier que la tension est bien égale est de simplement faire « sonner » les rayons tels des cordes de guitare (si vous avec un « Pick » de guitare à porté de main, c’est le moment de le sortir ). Utilisez votre oreille musicale et si les rayons font sensiblement le même son, c’est que déjà ils sont presque tous à la même tension. 

Cette technique acoustique permet de gagner du temps et de dégrossir le travail général sur la tension des roues.

La dernière étape venant donc s’ajouter à l’équation déjà lourde du montage est la prise de la tension précise de chaque rayon avec le tensionneur.

Avec le TM-1 de Park Tool, la mesure relevée est sans unité. Un tableau est là pour renseigner le monteur sur la tension en kgf des rayons. Il faut savoir qu’après un montage, une roue aura tendance à travailler et se mettre en place même si celle-ci reste dans un coin et ne roule pas pendant 2 ans. Une perte de tension est inévitable et c’est pourquoi nous préférons toujours en ajouter un peu plus pour contrer cette baisse. Une bonne tension est d’environ 110-120kgf à l’avant puis 125-135kgf à l’arrière côté cassette.

Une dernière étape pouvant être ajoutée est l’utilisation d’un scellant de type Loctite bleu ou huile de lin. Ce frein-fillets empêchera les têtes des rayons de se dévisser bien que la technologie Secure Lock de SAPIM soit là pour répondre à ce problème.

Finalement, pour gagner en rapidité, il n’y a pas vraiment de secret ou de guide exact à suivre malheureusement… C’est un travail long et minutieux et c’est à force de pratique qu’on gagne en efficacité et qu’on retient les erreurs à éviter et les bons gestes à faire.

 

Nous voilà maintenant avec votre paire de roue fraîchement montée, normalement alignée, tensionnée et prête à être terminée. Il est temps de passer à la finition !


FINITION – la touche personnelle…

La dernière étape consiste à découper les décals à la couleur demandée. Bien que paraissant assez simple, cette étape demande quand même de la patience et à nouveau de la précision. Une découpeuse contrôlée par ordinateur est nécessaire pour la découpe des décals ainsi que du papier de transfert, un applicateur et un couteau de précision.

Une découpeuse et des rouleaux de vinyle sont nécessaires.

Une découpeuse et des rouleaux de vinyle sont nécessaires.

Dans un premier temps, le travail se fait sur ordinateur où on crée les graphismes de votre roue. Une fois ceux-ci prêts, le reste du travail se fait dans le logiciel de la découpeuse où les zones de découpe sont générées.

Après avoir découpé les décals, il faut enlever le négatif du rouleau puis appliquer un papier transparent de transfert afin de pouvoir emmener les décals du rouleau à la jante. Voici à quoi ressemble un jeu de décals complet pour votre paire de roues carbone Falcon fraîchement montée. Le travail de fabrication des décals prend environ 1h voir plus en fonction du nombre de couleurs.

Décals prêts pour la pose

Décals prêts pour la pose

L’application se fait presque comme un autocollant sachant qu’il faut faire attention à ne pas laisser de bulles d’air se mettre entre le vinyle et la jante. L’adhésif du vinyle réagit à la pression et il lui faut un certain temps pour bien adhérer à la jante.

Une fois les décals correctement aposés, on retire le papier de transfert et votre roue est prête à reposer pour laisser la colle agir !

Un dernier contrôle qualité est effectué visuellement ainsi qu’en tension afin de s’assurer que votre paire de roues est prête à prendre la route pour vous offrir des kilomètres de plaisir !...

Comment